rdcongo, Sud-Kivu

Depuis son origine, KAF travaille dans un contexte hostile aux droits de l’homme. Cette situation est particulièrement grave dans les territoires ruraux et miniers du Sud-Kivu où les ONGs des droits de l’homme nationales et internationales sont rares et où se sont retranchés les dernières forces interahamwe rwandaises (FDLR) et où les autorités étatiques règnent en maîtres.

Et pour cause, la démocratie tant annoncée par les dirigeants de la RDC lors de la campagne électorale en 2005 tarde de devenir une réalité. Les quelques voies qui se levaient pour dénoncer cette léthargie ont été assassinées ou muselées. Quant à la société civile et l’opposition, elles sont devenues trop faibles. Les causes sont multiples: la terreur qui règne dans le pays, le manque de soutien financier des Etats démocratiques qui ne soutiennent principalement que le gouvernement en place ou qui ferment les yeux devant la prise en otage du pays par la majorité au pouvoir. De plus, la province du Sud-Kivu a connu des graves massacres qu’aucun ne qualifie de crimes contre l’humanité. C’est le cas notamment des massacres de Kasika et Katogota dont les victimes et proches des victimes n’ont jamais été indemnisés. Pire encore, les auteurs ont été récompensés par des Accords de paix. Les enfants victimes de ces crimes sont, faute de la prise en charge par l’Etat de l’enseignement de base en RDC, devenus enfants de la rue et sans espoir de survie.

La ville de Kamituga, où KAF a  son siège principal, fût le centre de l’ancienne société minière et industrielle du Kivu (SOMINKI) et est actuellement reprise par le groupe BANRO et la SOMICO. Cette région regorge de nombreux minerais dont l’or, le coltan, la cassitérite et l’étain exploitées par la population civile sous la direction des autorités issues des factions militaires congolaises (FARDC, ex-MAIMAI, ex-RCD) et des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR). Toutes ces autorités exploitent la population qui doit travailler, produire et payer des taxes illégales sous peines de subir des arrestations arbitraires et/ou des traitements inhumains et dégradants. Les enfants (plus de 500 enfants mineurs recensés au mois de décembre 2006) et des femmes twangeuses (plus de 6000 femmes à Kamituga et à Lugushwa) sont chargées de concasser quotidiennement à l’aide des pilons métalliques des quartzs aurifères. D’autres femmes dénommées E-COMOG sont chargées de soulager sexuellement les mineurs moyennant payement de 10$ sur lesquels l’Etat perçoit 3$ par jour.